Au département de musique
du Collège Notre-Dame
à Montréal
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Poème symphonique pour orchestre à vents en trois mouvements
Composition originale de Jonathan Dagenais (directeur musical et artistique de l'OVNI)
- Oeuvre dédiée à l'amour et au deuil -
Pour son cours de composition libre de fin baccalauréat en écriture à l'Université de Montréal (cours qui a eu lieu de septembre 2006 à avril 2007), Jonathan lance l'idée d'écrire une
oeuvre orchestrale pour la formation instrumentale qu'il affectionne tout particulièrement : L'Orchestre à Vents ! C'est donc après neuf mois de travail sous l'aile de M. François-Hugues Leclair, professeur d'écriture et de composition, que la pièce "Stella" fut créée en grande première lors du concert "L'OVNI ; la quatrième mutation !" du 17 juin 2007 ! L'oeuvre, d'une durée totale d'environ 23 minutes, constitue un poème symphonique divisé en trois mouvements basé sur le cycle de vie d'une étoile.
** À noter que Stella est officiellement publiée aux Éditions GAM. **
Les textes suivants ont été écrits par David Leroux, tromboniste basse de l'OVNI. L'ensemble et le directeur musical tiennent à le remercier sincèrement pour sa grande générosité littéraire !
De la poussière au rayonnement mystique de la vie, de la vie à la puissance
de la destruction, du chaos à la sérénité. Du néant, au tout, au néant.
Ainsi vivent les étoiles et les Hommes, ainsi s’articulent inexorablement
nos existences. Ce cycle universel teinte fatalement et étrangement toute
forme de vie et c’est autour de ce thème que le jeune compositeur Jonathan
Dagenais a érigé sa première œuvre pour orchestre à vents. Intitulé Stella
(pour « étoile »), ce poème symphonique en trois mouvements raconte, au
premier niveau, le cycle de vie d’une étoile dans l’univers. Malgré la
compréhension scientifique et relativement détachée que l’on peut avoir du
phénomène stellaire, on découvre vite que la vie d’une étoile colle
étrangement à celle des êtres humains. Stella devient alors, davantage
qu’une simple pièce évoquant un phénomène naturel, une œuvre très personnelle d'une intensité émotionnelle évidente que chacun peut s’approprier.
La matière désorganisée flotte nulle part et partout. À première vue, rien
ne bouge, mais le mouvement originel est là, bien présent. Les poussières
s’entrechoquent, se regroupent et s’articulent entre elles. Le temps
démarre, entame sa lente mais effarante course. La matière s’organise, non
sans embûche, mais lentement, une mécanique se met en branle. Tout trouve sa
place, tout s’imbrique. Les événements prennent tranquillement un sens.
Ainsi prend forme l’étoile, ainsi débute Stella. Sans trop de régularité,
les sons sauvages et indomptés s’organisent en temps et en espace. Toute la
matière orchestrale fini par prendre un sens et c’est de ce sens qu’émergera
la mélodie vitale, lumineuse, solitaire, flottant dans un insondable et
inquiétant infini. Des chutes de lumière dorée réchauffent les jeunes
planètes glacées, comme l’amour réchauffe le cœur de l’Homme, comme de
l’énergie nait la vie, comme des idées furtives naissent les projets, les
espoirs, les concepts, les idéaux qui nous guident.
L’étoile brille maintenant, seule, au milieu du silence glacial. La mélodie
vit et les harmonies l’éclairent. Stella se déploie en harmonies lumineuses
et mélancoliques. La vie générée par l’étoile passe de l’espoir à
l’amertume, du rêve à la désillusion. Les sentiments sont mouvants, vont et
viennent, meublent une existence dont les seuls leitmotivs sont la solitude
et l’amour. Ces deux thèmes semblent s’opposer, comme vie et mort, Eros et
Thanatos, froid et chaleur, union et solitude. Tout semble s’opposer dans
l’articulation de cette existence. En émerge pourtant une énergie vitale
indéniable. La musique, comme la vie, comme les astres, emprunte une
direction bien à elle. On passe de creux en sommets, on chemine, en
compagnie du temps qui passe, on vit, on évolue, et tous, humains, étoiles,
événements, arrivons fatalement à l’aboutissement ultime.
TROISIÈME MOUVEMENT - Puissance, supernova et paix -
C’est souvent lorsque tout augmente que tout explose. L’étoile qui grossit
semble a priori sublime. Elle réchauffe davantage, sa puissance augmente, se
démesure et sème finalement mort et destruction sur son passage. Ce qui
s’organisait et créait finit par détruire. Vie et mort s’inscrivent ici dans
un continuum et prennent source dans la même énergie. Musicalement, le
troisième mouvement évoque par son crescendo, son intensité furieuse et
finalement son retour à la paix initiale, l’absurde mais magnifique aventure
humaine. Ainsi, l'étoile nait, donne du sens, crée la vie, et finalement
grossit, envahit, brûle, détruit et explose. Tout perd son sens autour, la
vie cesse, et absurdement, tout est là pour que ce "sublime gâchis"
recommence !
Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.
La tempête est écume et la flamme est fumée.
Rien n’est hors du moment,
L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.
Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regarde
Le monde, écroulement.
L’astre est-il le point fixe en ce mouvant problème?
Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même?
Le sera-t-il toujours?
L‘homme a-t-il sur son front des clartés éternelles?
Et verra-t-il toujours les mêmes sentinelles
Monter aux mêmes tours?
Victor Hugo, Les Contemplations, Au bord de l’infini, IX.